Fraîchement diplômé en tant qu’expert judiciaire assermenté en immobilier, nous avons rencontré notre membre Miguel Fernandes, également gérant de l’agence Abrigo, pour connaître les tenants et les aboutissants de sa nouvelle mission.

Pourquoi avoir décidé de devenir expert judiciaire assermenté en immobilier ?

Le marché de l‘immobilier est en plein changement et donc j’ai compris qu’il était temps d’évoluer aussi en me démarquant des autres. Quand j’ai entendu les changements prévus par la réforme de la législation sur la bail à usage d’habitation adopté par le conseil de gouvernement le 05 octobre 2022 et ce que cela allait impliquer, j’ai fait des recherches supplémentaires. Le projet de loi indique par exemple que le capital investi par le bailleur devra être évalué par un expert assermenté. Je me suis donc renseigné sur la mission d’un expert et sur les démarches à suivre pour devenir expert assermenté.

Quel est votre rôle désormais ?

Mon rôle sera principalement d’évaluer des biens immobiliers en cas d’acquisition à titre gratuit, si la déclaration de succession ne contient aucune valeur, respectivement de déterminer le capital investi, réévalué et décoté, avant la mise en location d’un logement et d’indiquer le montant du capital investi, réévalué et décoté dans le contrat de bail.

Êtes-vous nombreux au Luxembourg ?

Le ministère de la justice détient sur son site une liste avec le nom des différents experts en bâtiment et chacun a une spécialité différente. Vous y trouvez par exemple des experts spécialisés en sécurité et santé des projets de construction, des géomètres, des architectes spécialisés en vices de conception et de construction mais très peu d’experts sont spécialisés en évaluation immobilière.

Est-ce une plus-value dans votre profession d’agent immobilier ?

Oui, certainement. En termes de légitimité par exemple, c’est très important pour moi. Cela donne encore plus de sens à ma qualité d’intervenant externe au sein de la formation BTS immobilier et de l’académie immobilière.

J’estime également que le nouveau projet de loi provoquera un grand nombre de litiges entre les propriétaires et les locataires. Le projet de loi prévoit qu’un locataire pourra saisir une commission de location dans la ville où il loue pour contrôler si son loyer n’est pas abusif. Les communes risques de se trouver débordées par ces dossiers et feront appel à un expert assermenté pour les aider à calculer le capital investi et donc le loyer maximal légal.